NOUVELLES DU TRAVAIL SOCIAL

Articles

Catégorie auteurs cultes: panorama des auteurs qui enchantent le monde..

GABRIEL GARCIA MARQUEZ : un power point de fin d'année

FIN D'ANNEE :

Je viens de voir un de ces Power point qui circule aux environs des grandes dates symboliques, chrétiennes ou laïques .Celui-ci présentait de magnifiques photos de Paris sur lesquelles Gabriel Garcia Marquez avait écrit des choses comme...je voudrais me jeter à plat ventre sur cette terre et l'embrasser car toute vie ne tient qu'à un fil …Le fil que tissent les Parques, impavides et neutres, car que leur importe la nature du fil…?il n'est que matière, et le sens ultime des choses échapperait à la matière.

 Donc Gabriel Garcia Marquez cet écrivain généreux :cent ans de solitude, Chronique d'une mort annoncée et l'Amour au temps du Choléra (ouvrage dont est tiré un film en ce moment dans les salles..)..Gabriel né en Colombie  nous écrit à propos de sa mort prochaine.Car le fil s'effiloche au long des ans..La maladie fait son apparition au détour d'une promenade, d'un repas, ou d'une consultation de routine, un jour de printemps..Philip Roth dans « Un homme » en raconte le parcours à la fois noble et trivial.. [1] Le parcours, la trajectoire, le déroulé, le « process » comme l'on dit aujourd'hui , dans ces temps de raccourci et d'abréviations quelque peu snobinardes.



INTERMEDE :Les Parques sont à la manœuvre.Je les imagine dans leurs tenues sombres, un peu trash, blêmes et fades comme des gestionnaires qui ont longuement étudié leurs dossiers .Elles sont trois et chacune a sa tâche..Que dit le mythe ? .Qu'elles tiennent le destin des hommes et des Dieux eux-mêmes dans leurs mains..Moires chez les Grecs, Nones, filles d'Ygrdrasil, l'arbre- monde en pays nordiques elles représentent selon Platon dans La République le terme d'un parcours humain mais aussi le choix d'un destin pour une vie future[2]

C'est à travers le pèlerinage qu'accomplit ER en quittant la Pamphylie .que l'on apprend que  revenu à la vie sur son bucher funéraire, ce « born again » est chargé  de raconter son expérience de l'autre monde  aux vivants..Au sortir de la plaine de Léthé, les âmes s'approchent du  fuseau dit «  de nécessité » et des trois moires : Lachesis, Clotho et Atropos … Or les âmes prêtes à se réincarner choisissent d'après Platon les solutions les plus misérables pour leur future vie..Ils ( les hommes réincarnés) seront des tyrans….Quelle inéluctable sottise les conduit-elle à faire les mauvais choix ? Il est vrai que dans le fleuve Amelès, les âmes prêtes à se réincarner boivent l'oubli nécessaire à la poursuite de la reproduction du même…


A l'orée de la philosophie idéaliste, l'image du fil mythique et de la circularité des destins reprise aux récits primitifs des mythes fondateurs n'a donc de cesse que de nous promettre l'immortalité  sous toutes les formes possibles…

Mais que faire de l'immortalité ?

Ce qui nous occupe est au fond bien autre chose..Le festif n'est qu'une façon d'abolir le temps et non de le mesurer, a contrario des messes audiovisuelles du compte à rebours qui nous mènent en fanfare d'une année à l'autre...Le festif est à l'aune de notre prétention à penser le temps, cette dimension encore mal conceptualisable : une simplification bienvenue dans la communion de ce qui toujours finit et toujours reccomence.



 les Parques.Document Wikipedia.




[1] Dans les bonnes librairies en ces périodes de cadeaux

[2]  Cf « la République » le mythe d'Er le Pamphylien.


Posté le 06/01/2008 | 73 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

LE LOUP DANS LA BERGERIE

Jim Harrisson : ecrivain  et scenariste

Meme si l'on est un piètre lecteur, un adepte de la bière ,du divan,et des feuilletons policiers, un fanatique des jeux de hasard passant son temps à gratter des petits tickets énigmatiques, un contemplatif lisant dans les nuages et autres types de résistants au monde des livres..(ceci n'est pas péjoratif) on connait Jim Harrisson, scenariste  de "WOLF" où Jack Nicholson se transforme en loup sous les yeux de Michèle Pfeiffer...Certes le film n'est pas un chef d'oeuvre absolu..(je vous conseille néanmoins la scène finale où Nicholson entre homme et loup affronte un autre monstre biologique dans son genre alors que Michèle se roule sur le sol d'un garage en combinaison érotique.)
Jim s'est plaint que le réalisateur ait supprimé de son scenario des moments beaucoup plus torrides.. ceci nous aurait sans doute épargné de nous tordre de rire devant les bonds démesurés des hommes loups escaladant murs et grillages avant de se fondre dans la nuit pour hurler sous la lune...
Bref Jim Harrisson, excellent écrivain de magnifiques récits où l'âme humaine se dévoile dans ses turpitudes absurdes, est surtout connu pour avoir imaginé des histoires qui ont séduit le cinéma américain et fait rêver les ménagères quand,dans les grandes plaines, galope  Brad Pitt , le héros de  "Légendes d'automne".
Or l'Harrisson que j'aime c'est non seulement celui qui conte l'amour de la pêche au petit matin dans les étendues sauvages du nord américain, les mouvements de l'âme dans la découverte des premieres sensations érotiques, et la dimension énigmatique d'identités en transformation, mais aussi et surtout celui qui se raconte dans "En marge" paru chez Christian Bourgeois, son éditeur en France.
Jim Harrisson, enfant bléssé à l'oeil, devenu à demi aveugle, amoureux de ses chiens et des vins français qui l'ont sauvé dit il de l'alcoolisme..
Cet Harrisson là, ami des stars, trainant dans les cocktails pour décrocher des travaux de scenariste, fin analyste des moeurs, et en même temps toujours prêt à se dérober pour retrouver des environnements dépourvus de toute vie humaine, des cabanes dans les bois et des lits de rivière..m'apparait comme un frêre dans sa recherche d'autenthicité, dans la cruauté avec laquelle il démonte et expose ses couardises, ses manques et ses dérobades...Dans cette démonstration de ce qu'est simplement "l'être homme" ,nulle complaisance à se dire, nulle coquetterie ...Juste le sens aléatoire de l'existence...


A lire par exemple:
" De Marquette à Vera Cruz" Jim Harrisson traduit par Brice matthieussent,Domaine étranger  10/18









Posté le 17/07/2006 | 129 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

A LA RECHERCHE DE VIRGINIA

Dimanche 16 Juillet 2006... Jeudi dernier, jour torride à Nice, à la terrasse de l'Autenthic où l'on n'est pas trés bien reçu l'après midi (climatisation portes ouvertes,absence de carte présentant les consommations) mon amie Wendy -comme l'héroîne de Peter Pan- m'a offert une autobiographie de Virginia Woolf...

Je collectionne les autobiographies de Virginia Woolf et pour l'instant ne manque à ma série d'ouvrages qu' "Orlando" où Virginia portraiture son amie Vita Sackville West ( Pièce jouée par Isabelle Huppert) Sa mère Julia et sa soeur ainée, Vanessa avec laquelle elle fusionna  et affronta les moeurs victoriennes de l'Angleterre de ses parents..sont les premières "femmes de sa vie"... L'écriture se noue t''elle à ces effets de "miroir"  où l'autre est à la fois modèle et rival..?

Dire que je vis depuis des années dans l'intimité de cet écrivain serait exagéré..Pourtant, j'ai fini au fil des lectures et des lectures de lectures de Virginia,  par la laisser "habiter" en quelque sorte avec moi...elle et l'ombre noire de sa fin tragique se projetant  comme une menace sur ses descriptions angoissées..Et donc me revient en mémoire ma première rencontre avec son écriture... le même choc que lorsque je lisais Colette auprès de ma mère qui aimait aussi les fleurs et les animaux...et pinçait les géraniums fanés comme sans doute le faisait  la bien nommée "Sido" - Sido : acidité de la sève montante ?-

Bref ce premier contact ce fut "la mort de la Phalène" , recueil de nouvelles paru dans la collection Points en 1968 pour la traduction française, la première édition ayant été réalisée par Quentin Bell, neveu de Virginia...( que l'on me corrige si je me trompe).

Le titre du livre reprend le titre d'une nouvelle qui fut mon premier pas dans l'oeuvre de Virginia, oeuvre considérée comme sevère et sophistiquée, du moins selon certaines perspectives superficielles..dès que l'on aborde l'Art du roman, sous des auspices universitaires par exemple, on découvre la place essentielle qu'occupe cet auteur dans la naissance d'une écriture de l'intime, de l'intériorité...mais ce n'est pas en tant que spécialiste que je temoigne, simplement en tant que personne que les mots ont toujours aidée à survivre..

La mort de la Phalène déroule le fil d'une pensée comme "en suspens"..une pensée qui s'orchestre autour de perceptions visuelles..la charrue labourant un champ, les corbeaux tenant leur fête annuelle..La phalène tournoyant , pleine de vie..évenement minime donc et à la limite de l'intangibilité...Il ne s'agit que de la mort programmée d'un simple insecte que la rigidité vient soudain saisir ...

A la fois si peu et en même temps, la reconnaissance subite , sidérante,de ce qui vient nous traverser à certains moments de notre vie, dans la contemplation de ce qui nous entoure et nous fait signe, sans que -la plupart du temps -nous nous laissions entamer...Or dans ce texte s'expose cette empathie subreptice pour ce qui vit et meurt, nous introduisant dans la dimension de l'universel..Le temps se contracte pour n'admettre que cette seule forme pure : le passage de la vie à la mort.. et sa sublime cruauté.


A lire entre autres  ces deux biographies:

Virginia Woolf par Beatrice Mousli  Les infréquentables, Edt du Rocher

Virginia Woolf par Alexandra Lemasson Folio Biographies









Posté le 16/07/2006 | 125 consultations | 1 commentaires | Voir et commenter l'article

Rechercher dans les articles

Vous recherchez ? :

"notre vraie vie, ce sont nos rêves" FEDERICO FELLINIRecommander ce blog | Contacter l'auteur | Blog illicite ? | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion